samedi 28 juin 2008

Chronique d'album : The Used - Lies For The Liars


Pour moi LA bonne surprise que j'attendais depuis des mois. Il y a de tout sur cet album mais surtout du très bon.
Du bien bourrin avec la chanson qui ouvre l'album The Ripper, Wake The Dead, Liar Liar, des chansons plus variées comme le très bon premier single The Bird And The Worm (qu'est-ce que j'adore le refrain et les choeurs en Oh oh oh), Hospital (un de meilleurs morceaux, catchy et puissant, peut-être celui qui rappelle le plus le 1er album), Paralyzed qui rapellent d'une certaine façon le dernier album de My Chemical Romance (des passages bizarres, des doubles voix façon « monstre » ou des voix bizarres, à croire qu'ils ont écouté The Black Parade en boucle) et beaucoup de chansons calmes, le seul point faible de l'album dans le sens où ces chansons semblent premièrement être des chutes d'In Love And Death, et deuxièmement ne possèdent pas la force évidente de ballades comme Blue And Yellow (premier album). Néanmoins une chanson comme Find A Way, Smother Me ne me laisse pas indifférent, les paroles sont si jolies faut bien le dire même si musicalement c'est limité.
Alors non on ne retrouve pas le charme du premier album, le groupe semble suivre sa voie maintenant sans regarder en arrière, mais quand même, on est en présence d'un disque meilleur qu' In Love And Death, qui n'était pourtant pas si déplaisant. Le départ du batteur ne se fait pas trop sentir, ça semble peut-être moins technique mais le nouveau se débrouille plutôt bien. Rempli d'effets inspirés par le meilleur de My Chemical Romance ou McFly (en même temps sur le précédent album on retrouvait déjà des orchestrations), du bourrin à l'ancienne, de jolies mélodies accrocheuses comme toujours, des love ballades, une certaine originalité dans la composition, un album à acheter les yeux fermés en somme; et qui fait oublier le récent objet commercial du live Berth.
The Used nagent encore une fois au dessus du lot.

mercredi 25 juin 2008

Chronique d'album : Marilyn Manson : Eat Me, Drink Me


Autant le dire d'entrée, ce n'est pas la daube commerciale à laquelle on pouvait s'attendre; loin de là. Cet album est donc une collaboration exclusive entre Manson et l'allemand Tim Skold. Une partie de l'album est inspirée du conte Alice Au Pays Des Merveilles comme en témoigne le titre Mange-moi, bois moi « J'aime le concept d'être consommé par quelqu'un d'autre. Cela peut-être rapporté au Christ qui est devenu un symbole, et ce symbole devenu une religion est désormais consommé (...) Cet album est un symbole pour moi, c'est la première fois que je redeviens humain, quelqu'un peut me consommer avec un degré de soumission, de sacrifice et de romance. C'est un disque très romantique. » Non vous ne rêvez pas, exit les textes sur la religion et compagnie, place à l'amour ! Il parle dans l'album des « Rebels whitout a cause » et dit « You know that I play this better than you » s'est'il rendu compte qu'il est devenu un people qui risquait de tomber dans l'auto-caricature, d'où ce changement radical dans les textes ?
Le titre qui ouvre l'album est une véritable tuerie, If I Was You Vampire, mélancolique, entétant, pesant, alternant passages calmes et refrain puissant, puis ça redéscend...où on retrouve la voix qu'on aime tant dans sa meilleure tonalité (sulfureuse) I love you so much you must kill me now... En fait tout l'album est plutôt calme, mid-tempo, rien à voir avec des morceaux comme This Is The New Shit, ici Manson ne crie pratiquement pas (voire pas du tout). Skold nous gratifie de magnifiques solos, ce qui redonne un côté heavy old school à la musique de Manson (ça fait pas de mal). Assez gros changement en perspective donc, niveau textes, niveau musique, heureusement on retrouve l'ambiance gothico-glauque qui nous rappelle qu'on écoute bien un disque de Marilyn Manson (et la voix, bien sûr). L'antichrist a grandi, a vécu aux côtés des hommes et par là même a souffert la pire des souffrance que peuvent ressentir les hommes : l'amour, rapport à son récent divorce avec la pin-up Dita Von Teese « just another funeral and just another girl locked in tears », et sa nouvelle compagne Evan Rachel Woods. Le premier single de l'album, très groovy, fait référence à l'affiche du film Lolita « don't break my heart and I wont break your heart-shaped glasses », Manson dit avoir été inspiré par les lunettes en forme de coeur que portait sa nouvelle petite amie. Le reste de l'album est dans la même veine donc je vais pas m'éterniser, mes autres morceaux préférés : They Said That Hell's Not Hot et Just A Car Crash Away (une ballade mélancolique où Manson chante vraiment).
Un album différent, pas commercial car vraiment moins accessible que son Golden Age Of Grotesque (plus proche d'un Mechanical Animals). Moins revendicatif et plus sentimental (enfin ça garde quand même une verbe aiguisée). Plus vraiment le metal qu'on conaissait, mais une excellente surprise en tout cas.

mardi 10 juin 2008

Chronique d'album : The Offspring - Rise And Fall, Rage And Grace


Après des débuts punk aux textes engagés, c'est à dire dès leur troisième album, Smash (à ce jour record du monde de vente sur un label indépendant) et surtout l'encore plus barré Ixnay On The Hombre, les Offspring ont toujours su pondre des tubes méga entêtants. Le seul problème du groupe c'est qu'il n'a jamais vraiment su renouveller son punk-rock mélodique depuis l'album Americana, il y a dix ans déjà. Le dernier album en dâte, Splinter, certes très efficace, renvoyait énormément aux albums précédents (une volonté de la part du groupe), mais malgré tous les clins d'oeils au passé et un son très lourd et même disons le, bourrin, nous restions un peu sur notre faim. Parce que un album trop court et l'impression que le groupe manquait d'inspiration (bien que je le répète, chansons très efficaces). L'inédite parue récemment sur le Greatest Hits : Can't Repeat n'arrangeait pas la donne. A l'heure où une partie des fans rêvent encore d'un retour aux sources et où un groupe comme Green Day parvient à se ré-inventer en mettant un message et un concept ambitieux tant dans le ton que la forme de son punk rock, on pouvait vraiment se demander ce que nous réservaient les Offspring, sans trop y croire, il est vrai, tant ils donnaient l'impression de se satisfaire de leur basique punk accrocheur. Nouveau producteur aux manettes, le fameux Bob Rock, connu pour ses collaborations avec Metallica, Aerosmith et plus récemment le dernier Lostprophets. Pour la batterie, c'est encore une fois Josh Freese (The Vandals, A Perfect Circle) qui assure l'intérim.
L'album s'ouvre sur la mélodie mélancolique d'Half Truism, qui cède bien vite la place à un rythme plus punk, la voix nasillarde de Dexter, les choeurs magnifiques en ho ho, ça y est c'est du Offspring, on est en plein dedans. Si les couplets sont très classiques, le refrain est, comme d'habitude catchy à mort, mais possède ce petit côté mélancolique qui revient et rappelle Race Against Myself sur l'album précédent, punk émouvant grandiloquent. Trust In You, seconde piste, classique, très classique, efficace pourtant; oui, du 100% Offspring. Mais veut-on encore de ça ? On dirait une chute de Splinter.A partir de la troisième piste, tout va changer. You're Gonna Far Kid est surprenante. L'intro se révèle... dansante. Plus Panic At The Disco qu'Offspring quoi. « Dance, fucker dance ! » On accroche direct. Le pré-refrain me laisse encore cette impression mélancolique avec une mélodie qui prend aux tripes, puis enchaine sur une refrain punk (on se refait pas). Putain le groupe est capable de proposer quelque chose de nouveau et qu'est-ce que c'est bon. Un des meilleurs titres. Restons sur l'axe des chansons novatrices : A Lot Like Me qui commence sur des notes de piano, autant dire un instrument qu'on n'a pas l'habitude d'entendre chez Offspring, mais ensuite... Dexter chante ! C'est là qu'on se rend compte que la plupart du temps le chant chez Offspring est à moitié crié. Une voix chaleureuse qui révèle un aspect que jamais le groupe n'avait laissé percevoir jusqu'à présent. La chanson est d'ailleurs plus rock alternatif que punk. Ensuite vient Kristy, Are You Doing Okay? qui commence comme une ballade acoustique et un Dexter qui fait son lover puis continue en rock très doux. Dans la même veine : Fix You, ballade presque entièrement en son clean (limite acoustique) et ça c'est une première. Ok le groupe avait déjà proposé des ballades, comme Spare Me The Details sur l'album précédent mais c'était une grosse blague au niveau des paroles, jamais le groupe n'avait assumé une ballade triste et romantique ou ne l'avait vraiment prise au sérieux. On est loin des refrains catchy sur celle-là mais l'ensemble est émouvant. Mais la cerise sur le gateau arrive avec Stuff Is Messed Up et son intro heavy metal / rock'n'roll et le chant qui suit, originale, surtout diablement efficace, un final à la System Of A Down avec un Dexter qui débite des paroles à 300 à l'heure. Un tube en puissance.
Alors Offspring, toujours un groupe de punk-rock ? Ben oui rassurez-vous. Déjà le single, Hammerhead. Punk rapide et puissant mais contrairement à avant, une composition bien plus longue avec des changements de rythme à l'intérieur même du morceau (l'effet rock-opera Green Day?). Un final endiablé avec un chant vraiment crié, les quadragénaires ont la pêche ! Take Me Nowhere, couplet direct accrocheur sur un rythme punk, mais le meilleur reste encore le pré-refrain et son côté encore... (vous devinez?)... mélancolique (les choeurs y sont pour beaucoup dans ce ressenti). Très bonne chanson. Nothingtown est quand à elle plus classique et rappelle Want You Bad sur Conspiracy Of One, sympa mais je passerai vite dessus. Reste les deux dernières chansons du disque : Let's Hear It For Rock Bottom qui commence encore une fois avec un chant vraiment chanté sur des airs roots avant de partir en punk pop mais vraiment teen pop qui rappelle plus blink-182 que Bad Religion quoi. Excellente chanson. L'album se termine avec la chanson titre, Rise And Fall : une sorte d'hommage ou de clin d'oeil à leurs potes de Green Day car cette chanson c'est entièrement du Green Day ! De la batterie aux riffs, seule la voix rappelle bien qu'on écoute du Offspring. Pour finir la chanson bonus de la version japonaise, O.C. Life, où là devinez quoi, on a enfin droit à notre chanson punk à l'ancienne !
On y croyait plus mais ils l'ont finalement fait. Au lieu de nous pondre un énième Americana bis qui n'aurait eu que pour effet de nous lasser du groupe, les Californiens ont enfin mis de l'ambition dans leur punk-rock. Offspring sous l'impulsion de leur nouveau et talentueu producteur se ré-inventent enfin (toutes proportions gardées) : évolution et assurance du chant, nouveaux arrangements bien éloignés des sonorités habituelles et introduction de sons acoustiques; tout en conservant une maîtrise parfaite dans les chansons plus punk. Le groupe n'avait pas semblé aussi inspiré depuis bien longtemps, depuis Americana voire même, soyons fou, Ixnay On The Hombre. Une renaissance.

dimanche 8 juin 2008

Chronique d'album : Circa Survive - On Letting Go


On ne présente (preque) plus l'étonnant Anthony Green, ex-chanteur de Saosin, aux capacités vocales extraordinaires. Son nouveau groupe, Circa Survive, en est déjà à son deuxième effort. Même producteur aux manettes, Brian Mc Tiernan (Moneen) et donc peu de changements, le prolongement de leur album Juturna.
Comme avec l'album précédent, On Letting Go (au très bel artwork) est un album qui demande plusieurs écoutes. La première écoute pouvant se réveler largement insuffisante : on ne trouve pas celà assez catchy... puis on réécoute, la voix est tellement belle... on se laisse prendre au jeu et on adhère finalement aux mélodies. Notons l'enchainement gagnant des trois meilleures chansons : In The Morning And Amazing (1er single), The Greatest Lie et The Difference Between Medicine And Poison Is In The Dose, (le dernier single en dâte et le meilleur morceau du CD), vient ensuite Travel Hymn et son refrain envoutant (comme toutes les autres chansons d'ailleurs), Semi Constructive Criticism un peu plus rapide qui laisse entendre un semblant de cris dans les choeurs, et la très jolie ballade Kicking You Crosses Down. Voilà pour les morceaux les plus remarquables, sachant que le reste est du même acabit : du rock à la fois indie, emo, et expérimental.
On aurait certes aimé une petite évolution, et hormis une meilleure production il n'y a pas grand chose. Comme je l'ai dit, la monotonie des morceaux pourra en rébuter certains plus habitués à des chansons comme Seven Years qui a fait la gloire de Saosin à leurs débuts. Circa Survive est un groupe la plupart du temps très doux et pour rentrer dans leur univers il faut vraiment écouter d'une oreille attentive et ouverte; mais le charme de la voix et le talent des musiciens minutieux dans leur composition aidant, le groupe finit par convaincre.

jeudi 29 mai 2008

Chronique d'album : Thrice - The Alchemy Index Vol. III & IV Air & Earth


Voici enfin le dernier volet de l'ambitieux projet de Thrice : quatre EP représentants chacun un des quatre élements, le tout auto-produit. Que d'évolution pour ce groupe qui autrefois maniait subtilement mélodies punk pop, riffs métal, le tout teinté d'emo. J'avoue avoir survolé les deux premiers, "Fire & Water", un peu désapointé malgré les bons titres y figurant. Le dernier album, Vehissue, laissait déjà entrevoir ce que serait le futur de Thrice : quelques sons electro et un ensemble beaucoup plus calme et expérimental.
Commençons par le 1er disque, Air. Comme on peut s'y attendre, l'ambiance de la première piste, Broken Lungs, se révèle planante : on se laisse porter par la voix de Dustin bercée par de petites notes douces, dans un ensemble pouvant rappeler Deftones. La fin gagne en intensité, la voix devient plus puissante puis redescend en voix de fluet, les frissons montent. On est conquis. Cette chanson est peut-être la meilleure des deux EP. Seule une autre piste, Daedelus, retransmet encore un peu de l'énergie du Thrice d'antan, ou du moins période Vehissue : toujours planant puis décolle vers la fin et nous permet d'entendre les seuls cris de cette nouvelle fournée. Le reste de cet EP est composé de chansons très calmes. Dans le meilleur : The Sky Is Falling, qui ressemblerait presque à une comptine avec tous ses effets au synthé sur un chant poignant, et A Song For Milly Michaelson : musique ultra douce au synthé et voix posée, on se laisse bercer encore une fois. Les deux derniers morceaux, tous deux très lents, ont plus de peine à convaincre. As The Crow Flies, malgré son chant sensible, et Silver Wings, bien qu'agréable.
L'EP Earth est quand à lui marqué par le récent projet solo du chanteur : folk et country. Ou Thrice là où on ne les attendait pas. Mais quand on y réfléchis bien, quel meilleur style pouvait exprimer la terre ? Le fond est en adéquation avec la forme, tout comme la puissance des riffs servait l'élement du feu, et l'electro la légereté de l'air et de l'eau. Moving Mountains et sa phrase entêtante "I don't know the first thing about love", Come All You Weary, le premier single ou encore, plus mélancolique, The Earth Isn't Humming, on se surprend à trouver celà très accrocheur et surtoût bien plus réussi que sur le disque en solitaire de leur leader. Digging My Own Grave, très jazzy rapelle fortement le groupe français AaRON et son piano mélancolique : le chanteur exprime son désir de sortir de l'amprise des drogues que sont le tabac et la cigarette, très réussi. Reste une ballade au piano, mon coup de coeur de cet EP : The Lion And The Wolf, rien à redire, on se laisse envouter par une ligne de chant magnifique. Pour clore le tout, Child Of Dust qui s'apparenterait presque à un chant religieux avec son piano et son orgue en fond, émouvant.
Thrice a bien changé. On ne peut pas dire que le groupe se soit maintenant assagi, il suffit de garder en tête The Deluge Of Flame, chanson la plus hargneuse de leur existence et toute récente puisque sur le précédent EP. De plus on ne peut que saluer la démarche très personelle du groupe. Ce qui est vrai par contre, c'est qu'on ne retrouvera pas ce Thrice là ici. Ces deux EP font place à l'émotion, mais démeurent supérieurs à l'EP Water, et dans l'ensemble, cette nouvelle production est plus réussie que la première pour peu qu'on ne reste pas bloqué sur l'aspect énervé du groupe. De très belles compositions touchantes à s'écouter en boucle en attendant de voir ce que le groupe va bien pouvoir nous réserver par la suite.

lundi 12 mai 2008

Chronique d'album : Empyr - The Peaceful Riot


Attendu, et pas qu'un peu le premier CD d'Empyr, le side-project des fameux deux ex-Kyo : Benoit Poher et Florian Dubos, rejoints par l'ancien guitariste de Watcha : Fred, le bassiste de Pleymo, Benoit Julliard et enfin Jocelyn, ex batteur de Vegastar. Le tout produit aux Etats-Unis par le producteur Ken Andrews (A Perfect Circle entre autres) et mixé par Brian Gardner (blink-182, Linkin Park). Pour finir un artwork signé Marc Maggiori (Pleymo). Autant dire que tous les ingrédients étaient réunis pour accoucher d'un très bon disque.

On retrouve donc la voix de Kyo qui à priori n'a pas trop changée. Sauf qu'Empyr a choisi de chanter en anglais, sûrement pour mieux s'exporter au Japon déjà, et peut-être aux USA qui sait (Tokio Hotel a bien percé là-bas alors bon...), alors même si on remarque que l'accent de Benoit n'est pas toujours parfait, ça passe largement. Ainsi commence la première piste, God Is My Lover, rythmique rapide (on remarque que toutes les chansons commencent un peu de la même façon) et avec ce chant fragile, mais là où dans Kyo le chant ne décollait pratiquement jamais (toujours ce flow proche du rap et une voix toujours très posée), ici Ben voit enfin les choses en grands : envolées, chant à plein poumons (il faut l'entendre chanter sur Water Lily : "I'm dead since you goooooo") et pour finir des cris déchirants. On se demande comment le gars va pouvoir revenir à Kyo après ça !
Niveau instrumental, oubliez Kyo, les ex Watcha et Pleymo (Benoit Julliard, un des meilleur bassiste de la scène française) nous pondent du lourd, la basse sur Join Us en est un parfait exemple, généralement on est plus proches des Smashing Pumpkins (tout comme l'était déjà l'avant dernier Pleymo) et Deftones que d'un groupe pop-rock. Et justement il flotte un air de Deftones sur cet album, avec des riffs incisifs et puissants; ou un air de Teem Sleep plutôt (side project de Chino Moreno) avec ces quelques arrangements electro et cette ambiance aérienne. La plupart des chansons commencent de façon posée pour s'énerver au fur et à mesure et finir par des cris sur la fin, un schéma assez classique il est vrai mais pas déplaisant. Dans cet esprit : la mélancolique Birth, Forbidden Song, la très jolie ballade The One (comme Poher sait si bien les faire), The Fever (magnifique ligne de chant), March On, la plus calme du CD.
Il n'y a aucune chanson qu'on l'on ai envie de zapper, le groupe distillant douceur et puissance de manière bien dosée. Des morceaux plus rapides et vénères viennent ainsi donner un peu de pêche à lensemble comme l'excellent single New Day ou encore Tonight et son refrain puissant, The Voice Of The Lost Souls, une des plus réussies avec ces cris en double voix durant les couplets, directement inspirés de la scène US et My Empress où Benoit ségosille comme jamais.

Empyr transpire donc la mélancolie de Kyo mais boostée par des instruments puisants directement leur force au coeur de la scène rock américaine et portée par un chant enfin audacieux et ambitieux. On pourrait reprocher un certain manque d'originalité mais The Peaceful Riot reste quand même une belle réussite, dans le genre et dans notre pays, on avait pas entendu aussi bien depuis le dernier Pleymo.

dimanche 10 février 2008

Critique de film : Asterix Aux Jeux Olympiques


Il va falloir qu'on m'explique, pourquoi dès qu'un film est très attendu, Asterix ou même le Da Vinci Code, les critiques se font un plaisir de le descendre ? Pire encore, pourquoi les spectateurs français, d'habitude amateurs de grosses daubes, faut bien le dire, sont pour une fois d'accord avec eux ? La peur de passer pour un idiot en disant "seul contre tous, moi j'ai aimé ce film" ?

Hé bien moi j'ai aimé cet Asterix Aux Jeux Olympiques.

Tout d'abord, l'image, est grandiose, jamais un Asterix n'avait été aussi épique avec ces grands plans larges survolant le village gaulois ou la Grèce Antique, des décors fabuleux, des musiques dignes des peplum hollywoodiens, jamais un Asterix n'aura aussi bien rendu sur grand écran et de façon aussi crédible.

Niveau casting, puisque c'est le truc qui fait blablater, on a affaire à un plateau de choix. Le narrateur reste Pierre Tchernia, qui nous compte ces aventures depuis le début d'Asterix au cinéma, on n'aurait voulu personne d'autre. Depardieu est toujours parfait dans son rôle d'Obelix (et qui est l'idiot qui a dit que le romantisme n'était pas fait pour Obelix, il n'avait pas lu la BD ou quoi?), Clovis Cornillac a parfaitement l'air rusé et malin d'Asterix (contrairement à Clavier qui, même si je l'aime beaucoup, faisait plus Jacquouille que malin), Poelvoorde génial en brutus mesquin et Delon éloquent dans une parfaite parodie de lui-même (mais qui peut lasser à la longue); Vanessa Hessler plus crédible en princesse Irina que Diane Kruger en Hélène de Troie et Stéphane Rousseau très bien en Alafolix. Même les seconds rôles sont appréciables, d'Elie Semoun, à Franck Dubosc, en passant par Alexandre Astier (Kaamelot), chacun nous apporte un petit bout de son univers respectif. Des personnages des anciens épisodes font également leur apparition, et le défilé de stars final, certes gratuit, reste nénamoins jouissif.

Contrairement à Mission Cléopatre qui se servait de la licence Asterix pour la détourner et en faire un étalage d'humour Canal + et un Jamel one-man-show, pourtant réussi et très drôle, ce film est celui qui respecte vraiment la BD originale. Et on rie ! On peut reprocher quelques gags enfantins et vraiment pas recherchés mais dans l'ensemble ça marche, on rie aux éclats, que ce soit moi ou même les personnes dans la salle. Trop d'anachronismes ? Mais ils faisaient partie intégrante de l'oeuvre de Goscinny et Uderzo, ils sont juste ici réactualisés même si il est vrai, l'accent est un peu trop mis sur les chansons.

Pas la peine de dire que les effets spéciaux sont réussis et font naturel (j'insiste), le point culminant étant la course de char finale renvoyant celle de Ben-Hur aux balbutiements du cinéma.

Alors ne vous arrêtez pas à ce que vous pouvez lire dans la presse, et aller vous faire un avis par vous-même, cet Asterix est réussi et peut-être, à mes yeux, la meilleure des trois adaptations cinématographiques.

mercredi 19 décembre 2007

Chronique d'album : Manau - Best Of


Après 10 ans d'activité et 3 albums, le groupe Manau (ou plutôt ce qu'il en reste), nous sort un premier best of. Pour combler une actualité musicale faible ? Probablement... pourtant le dernier album, On Peut Tous Rêver datant de 2005 était plutôt sympathique même s'il est passé complètement inaperçu pour la plupart. Quoi qu'il en soit, nul doute que ce best of ravivera des souvenirs à beaucoup : le premier album, Panique Celtique reste parmi les 20 meilleures ventes de tous les temps en France.

On retrouve ici les plus grands tubes de Manau, à savoir le classique La tribu de Dana, mais aussi tous les autres singles : Mais qui est la belette ?, Panique Celtique, Tout le monde... , le dansant Fest noz de Paname, etc.
Le gros problème de Manau c'est d'avoir toujours été considéré comme le groupe d'une seule chanson : La tribu de Dana et on ne retient d'eux que leur côté festif et celtique. Pourtant on dénombre tout autant de chansons bien sombres aux paroles prenantes; ainsi on retrouve L'avenir est un long passé (sur la montée du racisme en France) dans une version remix un peu moins sombre mais tout aussi mélancolique : à jamais une des meilleures chansons du groupe, La poupée en duo avec Maurane, Un type bien où Martial se met dans la peau du type qui a laché une bombe H sur Hiroshima, et la connue La confession. Une seule chanson issue du dernier album est présente : l'excellent single Con j'pense où Martial se livre à coeur ouvert, un de leur meilleur titre pourtant méconnu par la plupart. On regrette que l'accent ai été mis sur le 1er album (6 titres sur 14) et que d'excellents titres comme Le chien du forgeron, Dernier combat et On peut tous rêver soient absents : des morceaux qui manquent vraiment. On a plus affaire à un Greatest Hits qu'un Best Of donc.
Côté nouveauté (car tout best of se doit de proposer son lot de nouveauté, c'est la règle depuis quelques temps... ), l'inédite Chegevarap remix, un morceau festif moyen, Mytho du ghetto qui était parue à l'origine sur l'album solo de Martial et qui est sympa même si elle lorgne un peu trop du côté de la tribu de Dana; et Un peu de soleil, plus dans l'esprit du dernier Cd. Pour finir un medley.

Conclusion, un disque pas vraiment indispensable pour les fans, mais vraiment interessant pour tous ceux qui ne connaissent de Manau qu' une ou deux chansons, pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur un groupe aux multiples facettes, dont les plus interessantes n'ont pas toujours été celles qui ont le plus été mises en avant. Une chose est sûre, Manau est resté dans les coeurs et nous rapelle qu'un jour le hip-hop c'était autre chose que du bling bling sans âme, les textes ne sont pas toujours écrit de la façon la plus subtile qui soit, pourtant Martial sait se montrer touchant, les instrus quand à eux sont des plus travaillés, rarement égalés dans le milieu hip-hop.

jeudi 1 novembre 2007

Chronique d'album : Angels & Airwaves - I-Empire


AVA est un groupe qui depuis son premier effort est attendu au tournant : il s'agit pour Tom DeLonge de ne pas décevoir les nombreux fans de blink-182. La plupart s'accordent pour dire que We Don't Need To Whisper, l'album précédent, s'est révelé décevant (d'autant que Tom n'y va pas de main morte pour promettre monts et merveilles) : trop ennuyeux et répétitif; et ont préféré se tourner vers +44, l'autre groupe issu des cendres de blink.

Pour cet I-Empire, Tom nous a annoncé quelque chose de plus énergique, de plus épique. On ne savait plus trop si on devait attendre quelque chose d'énorme ou un pétard mouillé; mais on ne pouvait s'empêcher de garder espoir conaissant le passé talentueux des mecs, notamment au sein de Box Car Racer.
Tout d'abord, on remarque que le flow du chant ainsi que les instrus en général sont plus énergiques, plus rythmés, comme sur le single Everything's Magic (et son intro pompée sur Anthem Part Two de blink, de quoi raviver des souvenirs) ainsi que Call To Arms qui ouvre le CD; sur Secret Crowds on a droit à un vrai bon riff de guitare digne du meileur de BCR : les trois meilleures chansons de l'album.
Les chansons calmes se définissent plus comme de jolies ballades que des chansons chiantes : la magnifique chanson d'amour Breathe, Sirens où le chant de Tom se révèle plus poignant que jamais et où on retrouve des "lalalala" qui ont fait les grands jours de son groupe précédent, du même acabit : Lifeline et Heaven dans laquelle le chant prend une véritable envolée sur la fin. Mention spéciale à Rites Of Spring dans laquelle Tom nous parle de son enfance.
Là où le bas blesse, c'est la présence de morceaux ou d'ambiances trop semblables à ce qu'ils ont fait avant, c'est à dire True Love (anciennement baptisé Star Of Bethlehem) ou Love Like Rockets : comparé à d'autres morceaux on s'ennuit, et on aimerait voir stoppé ce maudit synthé qui semble tourner en boucle depuis le premier album et qui parait incapable de proposer une ambiance différente.

Au final une bonne surprise qui pourrait bien réconcilier les ex-fans égarés en chemin : on retrouve du blink et du Box Car Racer dans cet album, on retrouve ce qu'on aime chez Tom DeLonge. Plus d'énergie, plus accrocheur et moins de passages chiants ou de chansons qui se ressemblent toutes, un album indéniablement supérieur à son prédécesseur : à croire que l'arrivée d'un nouveau bassiste (ex 30 Seconds To Mars) a fait du bien au groupe. On espère tout de même qu'à l'avenir le groupe saura proposer de nouvelles ambiances.